
«
Ma personne n'est rien, mon principe est tout. » Henri
V, comte de Chambord
ET
EN VRAC...
«
Pour aimer, il faut connaître ; pour connaître, il faut
éprouver. Je ne donne mon amitié qu'avec une extrême
précaution. » Louis XVI
«
Je suis au service de la France et si les Français le veulent,
je serai toujours là. » Louis XX
«
Ce que nous avons à faire, c’est préparer l’atmosphère
du coin, pour une guerre de chouannerie. Il y a 1000 moyens de gêner
l’envahisseur, afin de préparer le climat, pour une guérilla
qui sera déclenchée au moment voulu. » Le
duc de Choiseul-Praslin
«
Qu'importe ma vie ! Je veux seulement qu'elle reste jusqu'au bout fidèle
à l'enfant que je fus.»
«
Béni soit celui qui a préservé du désespoir
un cœur d'enfant. » Georges Bernanos
« Être vaincu parfois. Être soumis jamais. »
Alfred de Vigny
«
Silence : « S île en ce », « aller jusqu'à
l'île que l'on porte en soi ».
Trouver
ce lieu d'être intérieur qui ne dépend plus du regard
d'autrui pour exister. » Vigo B.
Aux
modernes
Vous
vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde.
Votre
cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en cette boue immonde.
Hommes,
tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,
Ne
sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.
Charles-Marie
LECONTE DE LISLE (1818-1894)
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Sainte
Sotère, vierge et martyre à Rome (+ 304), fêtée
le 11 février.
Étymologie grecque : sauveur.
Saint Ambroise, qui était son parent, félicitait
sa famille d'avoir produit cette illustre martyre, et l'en regardait
comme le plus bel ornement. Il a célébré le martyre
de sa parente Sotère, descendant comme lui de la gens Aurelia
(1).
Sotère
comptait parmi ses aïeux une longue suite de consuls, de préfets
et de gouverneurs de provinces. Mais sa véritable gloire consiste
à avoir méprisé, pour l'amour de Jésus-Christ,
la noblesse de la naissance, l'éclat de la beauté, les
avantages de la fortune, enfin tous ces biens, qui excitent les désirs
des partisans du monde.
Elle fit à
Dieu le sacrifice de sa virginité ; et, comme sa rare beauté
l'exposait à de grands dangers, elle en négligea le soin,
et s’interdit l'usage de toutes les parures inventées par
l'envie de plaire.
C'était
ainsi qu'elle se préparait à rendre un glorieux témoignage
à la divinité de Jésus-Christ. L'occasion s'en
présenta immédiatement après la publication des
édits barbares que Dioclétien et Maximien donnèrent
contre les fidèles. Sotère ayant été arrêtée,
fut conduite devant le magistrat, qui la fit frapper rudement au visage.
Elle se réjouissait d'être traitée comme son Sauveur,
et recevait avec une patience admirable les coups dont on meurtrissait
cruellement ses joues.
« C'était une belle et noble vierge : à l’illustration
des aïeux, aux consulats et aux préfectures gérés
par les ancêtres, elle préféra la foi : quand on
la somma de sacrifier, elle répondit par un refus.
Le persécuteur
ordonna de souffleter la jeune fille, espérant qu'elle céderait,
sinon à la douleur, au moins à la honte. Mais elle, à
ces paroles, découvrit son front, et parut voilée de son
seul martyre : elle alla au-devant de l'outrage, présenta ses
joues, pressée de sanctifier par la souffrance des attraits qui
eussent pu causer sa ruine. Elle se réjouissait de perdre une
beauté périssable, afin de mettre sa pudeur à l'abri
du péril. On put meurtrir son visage : la beauté intérieure
demeura intacte (2). »
Quelle lumière
jettent ces paroles sur les dangers que la jeunesse et la beauté
faisaient courir aux femmes chrétiennes, en ces jours où
ni l'innocence ni la noblesse ne pouvaient plus les protéger
contre de honteux caprices ! Elles en étaient réduites
à bénir la main brutale qui, s'abattant sur leur visage,
le défigurait jusqu'à lui faire perdre toute forme humaine.
« Ainsi, continue saint Ambroise, à travers les injurieux
traitements réservés aux esclaves, elle atteignit le faîte
de sa passion, si courageuse et si douce que le bourreau se fatigua
de frapper ses joues avant que la martyre fût fatiguée
de souffrir ses outrages. On ne la vit ni baisser la tête, ni
détourner le front ; elle ne poussa pas un gémissement,
ne versa pas une larme. Enfin, après avoir épuisé
tous les tourments, elle reçut du glaive le coup désiré
(3). »
Le juge voyant
que ce supplice ne produisait aucun effet, en ordonna de nouveaux, qui
ne furent pas plus efficaces. La Sainte les souffrit sans pousser le
moindre soupir, et sans laisser couler une seule larme.
Une constance
aussi héroïque dans une faible vierge, couvrit le magistrat
de confusion ; et pour se dérober la vue de Sotère, que
la honte et la rage l'empêchaient de pouvoir soutenir plus longtemps,
il la condamna à être décapitée.
On enterra Sotère
dans la région cémétériale qui porte son
nom, contiguë au cimetière de Calliste, et creusée
en toute liberté pendant les premières années du
règne de Dioclétien. Cette area parait avoir échappé
à la confiscation, probablement parce qu'elle était restée
de droit privé, n'ayant pas encore été donnée
à l'Église quand la persécution éclata,
bien que de longue main préparée pour l'usage de la communauté
chrétienne (4).
Cette illustre
martyre est nommée dans les anciens martyrologes.
_______________________
(1) Sur la famille
et la noblesse de sainte Sotère, Roma sotterranea, p. 23-29.
(2) Saint Ambroise, De exhortationae virgiailalis, 12.
(3) Saint Ambroise, De Yirginibus, III, 6.
(4) Roma sotterranea, t. III, p. 36. — Les anciens documents citent
plusieurs martyres du nom de Sotère ; la clairvoyante critique
de M. de Rossi a pu les distinguer, renvoyer à la persécution
de Valérien la Sotère honorée le 12 mai sur la
voie Aurelia en même temps que saint Pancrace (voir les Dernières
Persécutions du troisième siècle, 20 éd.,
p. 101), et retenir pour la persécution de Dioclétien
celle dont la commémoration est marquée sur la voie Appienne,
au 10 février dans le petit martyrologe romain, au 11 février
dans une inscription de 401 et plusieurs manuscrits du martyrologe hiéronymien,
au 6 février en d'autres manuscrits de la même compilation
(Roma sotterranea, t. p. 18-23). Cependant deux manuscrits des Actes
de saint Pancrace contiennent l'addition suivante : « Eo tempore
passa est virgo Bouline Soteris, nobili genere orta, sub Diocletiano
imp. novies et Maximiano octies consulibus » (Ruinart, p. 406),
ce qui est la date consulaire de 304 ; mais il est facile de voir qu'une
confusion anciennement établie entre les deux saintes homonymes
a fait introduire dans les Actes de ce martyr contemporain de Valérien
une mention relative à la Sotère immolée sous Dioclétien.
Reste une difficulté : celle-ci est honorée en février:
or, selon toute apparence, la persécution générale
n'était pas commencée à Rome dès février
304, époque où Dioclétien malade, fatigué
d'avoir pris à Ravenne son neuvième consulat, voyageait
lentement vers les provinces danubiennes, et n'avait pas encore pu subir
les conseils du véritable auteur du quatrième édit,
Calère, resté en Orient. Je me demande si la date demeurée
flottante entre le 6 et le 11 février serait, non celle de la
mort, peut-être oubliée quand furent compilés les
manuscrits hiéronymiens et l'inscription de 401, mais plutôt
celle d'une translation des reliques de la sainte après la paix
de l'Église. La chambre où avait été déposée
primitivement sainte Sotère (X, 39, sur le plan général
du cimetière de Calliste, Roma sotterranea, t. III, pl. XLII-XLV)
parait avoir été pendant un certain temps visitée
par les pèlerins, comme en témoignent les travaux faits
pour leur donner accès (ibid., p. 33, 86-87); cependant elle
ne reçut pas la décoration accoutumée des sanctuaires
historiques des catacombes, parce que le tombeau de la martyre fut plus
tard transféré dans une petite basilique à trois
absides (cella trichora) construite sur le sol, à quelque distance
(ibid., p. 36; cf. t. 1, p. 259.264; t. III, p. 17, 469, et pl. XXXIX).
Je verrais volontiers dans la date de février un souvenir de
cette translation.
Sources : Vies des pères, des martyrs, et des autres principaux
saints, volume 2, par Alban Butler, Jean François Godescard,
Charles Butler, Lactantius, 1828. et Histoire universelle de l'Église
catholique, tome 3, par René François Rohrbacher, 1866.
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